[Livre] En Amazonie, infiltré dans le "meilleur des mondes"
Auteur : Jean-Baptise Malet
Éditeur : Fayard
Sortie : mai 2013
Pages : 168 pages noir et blanc
Prix : 15 €
Note : 1 2 3 4 5
Certains journalistes n'ont pas beaucoup d'imagination quand ils choisissent leur sujet. Jean-Baptiste Malet est de ceux-là. A 26 ans, il cherche certainement un gros coup. De qui parle-t-on en ce moment ? Des géants du net. Quel sujet fait scandale ? Les conditions de travail des petites mains de ces sociétés. Bon, ne reste plus qu'à choisir : Apple et son sous traitant chinois Foxconn : trop loin. Google et ses ingénieurs travaillant 80 heures et "vivant" littéralement au bureau : pas le niveau. Reste plus qu'Amazon et ses entrepôts français. Comment faire pour y entrer ? trop facile : l’intérim, au moment des fêtes de Noël, là où l'entreprise triple ses effectifs. Combien de temps ? Deux semaines, c'est bien assez pour du journalisme d’investigation !
Passons sur le fait que je n'ai pas la même notion de journalisme que ce monsieur et arrêtons nous sur son livre. On parle ici des conditions de travail au sein d'Amazon, pour un employé en intérim avec un travail de nuit. Voici une approche déjà très réductrice de son sujet : "l'entreprise Amazon". Après lecture de son "petit" livre (150 pages) : faire un travail répétitif, c'est dur, faire un travail de nuit, c'est fatiguant, avoir des supérieurs hiérarchiques, ce n'est pas facile. Et puis Amazon, ce n'est pas le Club Med, ils sont exigeants et méfiants sur le vol interne. De plus, comme tout le monde le dit, l'évasion fiscale d'Amazon est un scandale. Sa conclusion : arrêtons de commander sur Amazon et favorisons les petits libraires qui eux, bien sûr, déclarent tout ce qu'ils vendent et embauchent à tour de bras des salariés bien payés plutôt que de faire eux mêmes 60 heures par semaine.
Chacun ira de sa remarque, je ne suis ni un "pro-Amazon" ni un "anti-Amazon". J’apprécie les prix, le vaste choix de produits, la rapidité de livraison et le service client. Tout comme j'apprécie de faire mes courses en grandes surfaces (où le travail n'y est pas moins fatiguant) et tout comme j'apprécie de manger au McDo (et l'exploitation des jeunes). Bien sûr, il y a de nombreuses choses à changer dans l'organisation d'Amazon, comme dans un grand nombre de grosses (et moins grosses) boites françaises.
Bref, avec des arguments comme ceux avancés par l'auteur, cela aurait été plus judicieux : soit de faire une immersion plus longue et de gravir les échelons au sein d'Amazon, soit de faire un état des lieux du travail intérimaire de nuit en France. Mais pour cela, il aurait fallu y passer plus que deux semaines...
Éditeur : Fayard
Sortie : mai 2013
Pages : 168 pages noir et blanc
Prix : 15 €
Note : 1 2 3 4 5
Certains journalistes n'ont pas beaucoup d'imagination quand ils choisissent leur sujet. Jean-Baptiste Malet est de ceux-là. A 26 ans, il cherche certainement un gros coup. De qui parle-t-on en ce moment ? Des géants du net. Quel sujet fait scandale ? Les conditions de travail des petites mains de ces sociétés. Bon, ne reste plus qu'à choisir : Apple et son sous traitant chinois Foxconn : trop loin. Google et ses ingénieurs travaillant 80 heures et "vivant" littéralement au bureau : pas le niveau. Reste plus qu'Amazon et ses entrepôts français. Comment faire pour y entrer ? trop facile : l’intérim, au moment des fêtes de Noël, là où l'entreprise triple ses effectifs. Combien de temps ? Deux semaines, c'est bien assez pour du journalisme d’investigation !
Passons sur le fait que je n'ai pas la même notion de journalisme que ce monsieur et arrêtons nous sur son livre. On parle ici des conditions de travail au sein d'Amazon, pour un employé en intérim avec un travail de nuit. Voici une approche déjà très réductrice de son sujet : "l'entreprise Amazon". Après lecture de son "petit" livre (150 pages) : faire un travail répétitif, c'est dur, faire un travail de nuit, c'est fatiguant, avoir des supérieurs hiérarchiques, ce n'est pas facile. Et puis Amazon, ce n'est pas le Club Med, ils sont exigeants et méfiants sur le vol interne. De plus, comme tout le monde le dit, l'évasion fiscale d'Amazon est un scandale. Sa conclusion : arrêtons de commander sur Amazon et favorisons les petits libraires qui eux, bien sûr, déclarent tout ce qu'ils vendent et embauchent à tour de bras des salariés bien payés plutôt que de faire eux mêmes 60 heures par semaine.
Chacun ira de sa remarque, je ne suis ni un "pro-Amazon" ni un "anti-Amazon". J’apprécie les prix, le vaste choix de produits, la rapidité de livraison et le service client. Tout comme j'apprécie de faire mes courses en grandes surfaces (où le travail n'y est pas moins fatiguant) et tout comme j'apprécie de manger au McDo (et l'exploitation des jeunes). Bien sûr, il y a de nombreuses choses à changer dans l'organisation d'Amazon, comme dans un grand nombre de grosses (et moins grosses) boites françaises.
Bref, avec des arguments comme ceux avancés par l'auteur, cela aurait été plus judicieux : soit de faire une immersion plus longue et de gravir les échelons au sein d'Amazon, soit de faire un état des lieux du travail intérimaire de nuit en France. Mais pour cela, il aurait fallu y passer plus que deux semaines...

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